Le prénatal

La kinésithérapie prénatale s’inscrit dans le cadre de la kinésithérapie périnatale, c’est à dire la prise en charge kinésithérapique des femmes pendant et après la grossesse. Depuis longtemps, les kinésithérapeutes prennent en charge la rééducation du post-partum. Rares sont ceux qui s’occupent des femmes avant l’accouchement. Pourtant cette prise en charge devrait être globale dans le temps et globale pour le corps. Il ne devrait pas y avoir de dichotomie entre l’avant et l’après-accouchement. L’efficacité de la rééducation post-natale se prépare dès la période prénatale.

Nos connaissances kinésithérapiques nous permettent de proposer aux femmes et aux équipes obstétricales une préparation corporelle complémentaire des autres préparations à l’accouchement.

En ce qui concerne la globalité du travail corporel, la mode est à la rééducation exclusivement périnéale. Le plancher pelvien n’est pas la seule partie du corps sollicitée par la grossesse et l’accouchement.

Le bassin, le rachis, la respiration, les abdominaux et le diaphragme sont également à travailler. Nous proposons donc cette prise en charge par des exercices simples et reproductibles à la maison.

La qualité du périnée dépend d’ailleurs de l’équilibre de cette globalité. Une prise de conscience de la contraction périnéale sera proposée grâce au biofeedback mais également à l’échographie.

Et après ? Le post-partum !

Le post-partum est une étape de la vie de la femme la plus riche en émotions, la plus fantasmée, comme un moment de bonheur et de joie. Cependant, devenir mère n’est pas si simple tant sur le plan émotionnel que physique. Le traumatisme obstétrical, ce ventre rond où l’on sentait bouger le bébé devient un ventre vide, mou, avec des kilos superflus. Il s’agit d’aider la jeune mère à réinvestir son corps mais également à faire le deuil de ce ventre.  L’approche kinésithérapique doit être douce et respectueuse, prenant en charge tant l’hypotonie de la sangle abdominale avec son diastasis (écartement des muscles grands droits de l’abdomen) que le traumatisme des muscles du plancher pelvien. 

 

Cette rééducation est partagée par les compétences des sages-femmes et des kinésithérapeutes.

Le décret n°96-879 du 8 octobre 1996 relatif aux actes professionnels et à l’exercice de la profession de masseur kinésithérapeute amène une restriction dans la prise en charge du post partum autorisant la rééducation abdominale, à compter de l’examen postnatal, et la rééducation périnéo-sphinctérienne dans les domaines urologique, gynécologique et proctologique, y compris du post-partum mais à compter du 90e jour après l’accouchement.

Les sages-femmes partagent avec les kinésithérapeutes la compétence de la rééducation périnéo-sphinctérienne mais seulement en cas de troubles consécutifs à un accouchement.

Elles ne peuvent pas réaliser cette rééducation auprès des femmes qui n’ont jamais accouché

La prescription et la réalisation de la rééducation abdominale ne font pas partie des compétences de la sage-femme.

 

Les recommandations officielles de la prise en charge du post partum ANAES 2003

La prescription de séances de rééducation du post-partum ne doit pas être considérée comme systématique.

Elle découle des symptômes décrits par la patiente ou décelés au cours de l’examen clinique effectué au cours de la consultation post-natale.

L’indication de rééducation en post-partum peut être posée s’il existe des déficiences ou incapacités résiduelles dans au moins une des trois dominantes suivantes : périnéale et abdominale ; s’il persiste une incoordination entre verrouillage périnéal et contraction abdominale et posture pelvi-rachidienne au cours des efforts globaux.

Le nombre de séances proposé tiendra compte de l’importance du tableau clinique et du nombre de dominantes à traiter. Dix à vingt séances au maximum peuvent être proposées aux patientes. »

Les recommandations 2015 :  Deffieux X, et al. Rééducation périnéale et abdominale dans le post-partum : recommandations. J Gynecol Obstet Biol Reprod (Paris) (2015)
Il n’existe pas de preuve d’un éventuel rôle préventif de la rééducation du post-partum chez des femmes asymptomatiques pour diminuer le risque de voir apparaître chez elles des symptômes d’incontinence urinaire à moyen ou long terme.
 En conclusion une rééducation périnéale du post-partum est recommandée en cas d’incontinence urinaire (grade A) ou anale (grade C) persistant à 3 mois de l’accouchement.
 
La prise en charge post partum du point de vue de la CPAM
 
Il faudra attendre trois mois si les soins sont réalisés par un kinésithérapeute, et sans délai si ceux-là sont réalisés par une sage-femme, avant de prendre en charge la patiente afin qu’elle soit prise en charge à 100% pour 10 séances de rééducation post partum et donc être intégralement remboursé par la Sécurité Sociale.
Référentiel des Masseurs Kinésithérapeutes, page 26, Art.R4321-5.c du code de la santé publique).
 

En conclusion

En conclusion : Prise en charge à 100 % par la CPAM pour 10 séances d’un montant de 17,85 euros par séance chez le kinésithérapeute et de 18,55 euros par séance chez la sage-femme. Cette rééducation ne s’intègre plus aujourd’ hui dans une systématique, la prise en charge si elle est réalisée précocement doit s’intégrer dans une prise en charge globale non invasive (lombo abdomino pelvienne) et éducative. S’il existe une incontinence urinaire ou anale alors cette rééducation s’intègre dans une rééducation périnéo sphictérienne avec électrostimulation, biofeedback et rééducation manuelle